Lettre à notre maire

Publié le 17 Novembre 2013

Monsieur le Maire,

Nous venons par le présent courrier vous faire part de nos inquiétudes et de nos interrogations, suite au démarrage de la nouvelle carrière de granite, ICPE autorisée le 30 avril dernier par arrêté n°2013120-0001.

Outre le caractère irréversible d’une telle exploitation et de son impact paysager avéré dans un espace naturel sensible, nous avons quelques craintes qui nous paraissent légitimes :

1/ Sur le sentier de randonnée PDIPR :

Qu’en est-il du devenir du sentier de randonnée, inscrit dans le Plan Départemental d'Itinéraires de Promenade et de Randonnée, le Mare e Monti Sud qui relie Porticcio à Propriano en passant et en suivant longuement les parcelles d’emprise de la carrière ? A l'issue de l'enquête publique, le maitre d'ouvrage parlait d'en changer le tracé. Pourtant dans l'arrêté d’autorisation cité en référence, on ne parle pas de ce sentier protégé, mais seulement, à la page 13 article 2.8.3, « de décaler le Mare a Mare ». Le Mare a Mare débute près de Bisinao, après les parcelles de la carrière, ce qui explique que dans l’arrêté on ne parle que de limiter « l’impact visuel et sonore de la carrière ». Le Mare e Monti Sud, lui, est bien physiquement impacté par la carrière. De plus il participe largement à l'économie locale comme évoqué au point N° 9 du conseil municipal du 22 novembre 2012.

Va-t-on laisser s'engager des randonneurs sur un sentier en plein maquis, en zone risque incendie et qui jouxte un site industriel utilisant carburant et explosifs ?

2/ Sur la Départementale 302 :

Construite sans soubassement, elle n’est pas configurée pour un tel trafic comme précisé au point N° 5 du conseil municipal du 22 novembre 2012.

Sachant que, la portion de route concernée (Pisciatello / col de Belle Valle) possède plus d’une centaine de virages et est soumise, plusieurs mois de l'année au brouillard, au verglas et parfois à la neige ;

Que la circulation actuelle (transports d'urgence, scolaires et publics pour les communes de Cauro, Albitreccia, Cognocoli, Pila-Canale, Pietrosella…) est déjà importante (selon la Direction Générale adjointe chargée des infrastructures de communication et des transports du Conseil Général, les comptages recensés sur cet itinéraire font apparaitre une moyenne annuelle de 1356 véhicules par jour et 1776 véhicules par jour durant la saison estivale) ;

Que les randonneurs du Mare e Monti Sud marchent 2,5 km sur les abords de la départementale depuis « Zizoli/Buselica » jusqu’au « Grecu » ;

Et que cette ICPE, prévoit la création d’un bassin de rétention juste au-dessus de cette route ;

Les caractéristiques de ces véhicules de carrière sont-elles réellement compatibles avec la constitution de la D302, et notamment avec la résistance et la largeur de la chaussée ?

Avec ce trafic de poids lourds supplémentaires compromettant la sécurité et la commodité de circulation sur cette voie, qui endossera la responsabilité des accidents causés aux usagers ?

3/ Sur le risque incendie :

Alors que la commune est classée en risque « feux de forêt » qu’en est-il de la sécurité des habitants lorsque des constructions situées dans un maquis dense où les feux, par leur vitesse de propagation, ne pourront être maîtrisés, et où l'évacuation des populations sera difficile par la configuration du vallon (comme le village de Monte Rosso signalé au point N°7 du conseil municipal du 22 novembre 2012) ?

4/ Sur l’Agosta :

Quels seront les contrôles sur l’eau, alors que cette installation classée se situe à l'endroit même où se trouve un ruisseau suivi dans le Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux (« Le bassin de rétention ne devant pas impacter le cours normal du ruisseau », comme mentionné au point N°3 du conseil municipal du 22 novembre 2012) ?

5/Sur le fonctionnement de la carrière :

Dans l'avis du conseil municipal du 22 novembre 2012 au point N° 6 du conseil municipal du 22 novembre dernier, il est acté que « l'exploitation autorisée ne comprend que l'extraction à sec du granit et son transport sur Ajaccio en aucun cas du concassage et du criblage ne seront pratiqués sur le site ». L'arrêté N° 2013120-0001 du 30 avril 2013, n’en tient pas compte et prévoit du criblage et concassage sur place.

Précisons aussi que dans le Dossier de Demande d'Autorisation d'Exploiter présenté lors de l’enquête publique « le nombre de tirs de mines sera réduit à environ deux à trois par mois avec un maximum d'environ 36 par an », alors qu’à la page 21 article 6.3.2 de l'arrêté du 30 avril 2013 : « la fréquence maximale autorisée est de deux tirs par semaine ». Soit sur 52 semaines, un maximum de 104 tirs par an ! Un nombre de tirs multiplié par trois en quelques mois entre l’enquête publique et l'arrêté d’autorisation !

Ces fréquences et procédés d'extractions seront insoutenables pour le hameau de Belle-Valle distant de quelques mètres et adossé au site d'extraction.

Une expertise préalable aux tirs de mines pour les constructions de ce hameau a été demandée au point n°4 du conseil municipal du 22 novembre 2012 dans le but de « garantir les édifices existants, les forages et la sécurité des randonneurs », qu’en est-il exactement ?

Aussi suite à toutes ces interrogations nous vous demandons de bien vouloir nous apporter des réponses et des précisions.

Dans l’attente nous vous prions d’agréer nos sincères salutations.

Rédigé par Association Campà Indè Vaddi

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